Soyons d’abord clairs sur un point : l’inspiration ne nous donne pas les mots pour toutes les idées ou les images qui affluent dans notre tête. Au moment d’écrire, nous devons trouver les mots pour partager toutes ces images, c’est de là que vient l’insuffisance des textes que nous proposons aux lecteurs.

L’engagement est indissociable de la Littérature, dans le cadre où celui qui écrit s’engage déjà ; très souvent, par « engagement », on entend une lutte contre un fléau social… Mais c’est bien trop limiter l’importance de l’écriture dans sa pratique. La langue, la cohérence, l’équilibre, l’originalité, sont autant d’engagements pris vis-à-vis du public qui se sert surtout du livre, pour éduquer.

Commençons par quelque chose de simple et commun : un auteur est une personne qui écrit des textes, tandis qu’un écrivain a été accepté par un éditeur qui s’engage à publier ses textes sous forme de livre. Plus loin, nous dirons qu’un écrivain est celui qui est à mesure de présenter des textes respectant les règles de la Littérature.

La force d’une plume, qui se manifeste par une connaissance excellente des règles de langue, des tournures simples et profondes pouvant toucher l’âme du public et faire évoluer les conceptions et les traditions, a permis à certains auteurs d’être élevés au rang de Maîtres. D’autres, en plus de cela, s’offrent le luxe naturel de réaliser sans préparation et sans distinction académique, des œuvres d’une profondeur insoupçonnée jusque-là ; ils bousculent toutes les écoles en ignorant leur existence… Ils deviennent alors pour les lecteurs et autres passionnés, des idoles, voire des messies.

Considérée comme le genre de « ceux qui reçoivent les instructions de Dieu », la Poésie s’est toujours illustrée par une expression distinguée (mots choisis et images particulières). Bien qu’ouverte à toutes les plumes et à tous les sujets, sa rigueur demeure la même. Sa langue demande un certain soin, mais ne fait d’élite qu’après son écriture. Il n’est pas d’élite prédestinée.

C’est ce que l’on fait le plus souvent ; la majorité des textes sont basés sur une « rumeur ». Chaque auteur essaie, selon ses aptitudes, d’aller au cœur des événements. Dans le processus de travail de son texte, il apprend à approfondir ses connaissances et à surmonter ses insuffisances ; pour cela un esprit ouvert est recommandé.

Les auteurs impliquent leur cœur dans leurs textes, et en savourent, en majorité, le message ; au moment de le relire, ils sont comme des parents qui ne « découvrent » les défauts de leur enfant qu’à travers les remarques d’un voisin. Les yeux d’un auteur ne voient en général que le message (le cœur absolu) de son texte… Parfois c’est la paresse, préférant penser que la relecture est du devoir d’un autre, qui empêche cette auto-évaluation…

Un minimum de 3 lectures est conseillé : – La première pour prendre connaissance du texte dans son ensemble, – La seconde pour se familiariser avec les scènes, – La troisième pour faire corps avec cette âme de l’auteur. Toutefois, les lecteurs diffèrent ainsi que leurs compétences ; certains peuvent le faire en une seule lecture, tandis qu’il faudra de multiples passages à d’autres pour essayer de comprendre. L’on peut lire autant de fois qu’il est nécessaire, quand le texte est important pour le lecteur. Se faire assister facilite l’accès aux textes

Il n’est pas de nombre précis de livres ; chacun lit selon ses aptitudes, et surtout ses attentes. La raison pour laquelle on lit, détermine le nombre que l’on atteint.

Plusieurs propositions sont faites dans les librairies et les bibliothèques ; elles vont des livres sur l’écriture aux œuvres littéraires (ce qui demeurent des expériences individuelles). C’est la raison pour laquelle on lit qui oriente la lecture. Mais lire uniquement ne suffit pas, il faut pratiquer ses lectures ; ceci est plus complexe quand il s’agit d’œuvres littéraires, puisqu’il faut éviter de reproduire aveuglement ce qu’on a lu.

Écrire est un exercice qui emporte aisément celui qui le pratique ; l’on peut ressentir « quelques lassitudes » parfois, mais il est difficile de les associer à une quelconque erreur, surtout parce que cela signifie qu’il faudra reprendre. Ce que très peu d’auteurs affectionnent… Il se pose donc ici la question de l’honnêteté de l’auteur vis-à-vis de lui-même. Parfois, quand ce sont les souvenirs ou les frustrations qui inspirent, l’auteur peut remarquer que certains points ne sont pas fidèles à son ressenti.

Quand on pense qu’on ne sait pas écrire, cela veut dire qu’on se compare à un écrivain. Personne ne sait écrire à la base ; seule la pratique le forge. La seule chose à faire donc, c’est de se jeter à l’encre et d’écrire. Mais il vaut mieux ne pas se forcer ; apprendre (affûter sa langue, et accroître son niveau de culture) est toujours indiqué.

Il est de vieux auteurs qui sont très jeunes, comme il est de jeunes auteurs qui sont très vieux ; cet âge physique diffère de l’âge de l’expérience. L’écriture, si elle a besoin de vécu pour être crédible, n’a que très peu besoin du calendrier. L’âge de l’écriture est acquis en allant au cœur des éléments, en ressentant les diverses émotions de la Nature.

Tous les moments sont bons pour écrire. Il faut discipliner son esprit et s’organiser.

De tout le temps qu’il faut pour le travailler (six mois, un an ou même une décennie) ; quand on tient à un texte, on lui consacre la plus grande attention. La course à l’édition est nocive au livre de qualité.

Écrire demande que l’auteur use d’une certaine langue dans un certain genre ; les règles propres à ces deux points sont claires. La langue n’est pas négociable, il faut connaître sa grammaire et son orthographe, et respecter les éventuelles évolutions. Quant au genre qui est abordé, il a ses principes de base ; l’auteur qui entend définir un nouvel axe, doit clairement le codifier afin qu’il soit crédible. C’est dans la liberté qu’il y a le plus de lois.

De nos jours, plusieurs éditeurs emploient des relecteurs très peu vigilants ; ceux-ci, parce qu’ils ne sont pas spécialement payés pour la tâche (cas mineur), n’accordent qu’un intérêt distrait aux textes qu’ils reçoivent. Le cas le plus fréquent est celui de l’incompétence dans la matière ; les relecteurs ne comprennent que très peu ce qu’est un texte littéraire. Et les auteurs ne se relisent pas assez, croyant aveuglément aux éditeurs.

Le plus important dans l’écriture, c’est bien évidemment ce que l’on écrit, même si cela relève de notre quotidien (ces éléments, le plus souvent, échappent à la volonté de l’auteur)tel qu’on le présente en détermine l’intérêt.

Il existe plusieurs sources d’inspiration ; la plupart des auteurs s’accrochent aux faits divers, et suivent de près l’actualité. Ainsi, ils espèrent être lus par le plus grand nombre ; seulement, ils oublient que le lecteur fait la différence entre la Littérature et le journalisme. Il vaut mieux écrire sans chercher un message, parce que le texte le révèle tout seul, et le lecteur a sa propre sensibilité. Dans tous les cas, la plume devra se faire naturelle, originale et enrichissante.

l est important de bien connaître les personnages et se laisser guider, au lieu de leur imposer une expression et un caractère qui sont le plus souvent les nôtres.

Il faut tout simplement en créer et écrire ; on ne rêve pas, on écrit tout simplement. Sans temps, c’est un rêve irréalisable. Faire écrire ses idées par quelqu’un ne fait pas un écrivain, puisque la Littérature se fait avec des mots.

Pas besoin de chercher midi à 14h… Il n’existe point de texte sans message. La mauvaise habitude de croire qu’un texte qui ne mène aucun combat social est sans message, n’a pas de place. Tous les textes littéraires portent des messages. Il ne faut pas sous-estimer la capacité des lecteurs à les déceler ou à les percevoir.

Un relecteur a pour fonction de relever principalement les fautes de langue et les incohérences. C’est de lui que dépend en première partie, la survie d’un manuscrit chez un éditeur. Un relecteur doit d’abord être un passionné de lecture ; s’il est vrai qu’il doit avoir de bonnes connaissances en grammaire, et avoir assez de temps et d’outils pour l’orthographe, il doit surtout connaître les besoins de la littérature (l’art de l’écriture, même s’il n’écrit pas lui-même) afin d’orienter l’auteur dont il a lu le texte. Mais un relecteur qui connaît les difficultés de l’écriture par la pratique est bien plus utile.

L’imprimeur a pour rôle de réaliser le produit final, c’est à lui qu’il revient de sortir le livre dans sa forme physique ; il ne se penche pas sur la relecture, bien qu’il le présente dans son offre de service. L’éditeur ne publie un texte qu’après l’avoir soumis à un comité qui le relit et le travaille, pour en faire une œuvre de qualité. Il y a bien plus d’imprimeurs déguisés en éditeurs en ce moment, que d’éditeurs.

Il faut d’abord relever la première évidence : quand on parle trop et sans arrêt, on lasse l’assemblée. Le texte de Littérature n’y échappe pas. Par ailleurs, sans les descriptions, le genre conseillé est le théâtre ; là il faut se familiariser avec ses règles. Si on tient au roman ou aux genres qui lui sont proches, il vaut mieux apprendre à présenter le contexte…

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